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Un Grand Homme nous a quitté - Hommage
Vaugneray, le jeudi 17 novembre 2011 Salle des Associations
HOMMAGE A CAMILLE MORDELET
J’ai fait la connaissance de Camille Mordelet le 2 avril 1990 à Taluyers lors d’une réunion d’information publique qui expliquait à quoi les Coteaux du Lyonnais allaient être livrés si nous ne réagissions pas rapidement.
La SCL avait un mois d’existence à peine. Il en était l’un des co-fondateurs à la suite de l’adoption par le Conseil Général du schéma de voirie des Coteaux du Lyonnais qui allait donner naissance peu après au projet de maillage autoroutier de l’Ouest lyonnais.
Ce 2 avril 1990, j’ai été subjugué par cet homme de noble prestance, à la voix d’une grande ampleur qui captivait l’attention de son auditoire : Camille Mordelet avait su, ce jour-là, devant plusieurs centaines de personnes, me convaincre de la nécessité de m’engager à ses côtés.
Sa prestation de Taluyers, il l’a répétée dans tout l’Ouest lyonnais, elle venait après d’autres réunions d’information comme à Grézieu-la-varenne, Mornant, Vaugneray, Sainte-Consorce, Pollionnay, au point qu’à force d’arguments parfaitement bien étayés, c’est une fédération de plus de trente comités SCL et d’associations qui compose aujourd’hui grâce à lui la Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais intercommunale.
Très rapidement, pour moi comme pour beaucoup d’entre nous, Camille Mordelet était devenu Camille, ou encore l’ami Camille. Pour nous tous, il était le Sage de l’association, celui qu’on écoute avec respect.
En tant que Secrétaire Général de la SCL intercommunale, il en était la mémoire même : aucune date ne lui faisait défaut ; les textes, il les connaissait par cœur ; les documents officiels, il allait les chercher à la source, au Conseil Général, au Conseil Régional, à la Préfecture. Rien ne lui échappait.
Il avait transformé sa maison de Sainte-Consorce en quartier général de la SCL : au milieu des magnifiques tableaux qu’il avait peints, se trouvaient entassés, mais classés en bon ordre, tous les documents de notre association depuis son origine.
Tout était à sa place : lorsque nous lui téléphonions pour avoir un renseignement, il nous rappelait quelques instants après avec la réponse souhaitée. Camille était l’encyclopédie de la SCL.
J’ai eu l’honneur de l’accompagner dans les ministères parisiens auprès de Jean-Claude GAYSSOT, le Ministre des Transports, ou de Dominique VOYNET, la Ministre de l’Environnement, ou de Christian LEYRIT, le Directeur des Routes sur le plan national, ou encore d’assister avec lui à Lyon à des réunions présidées par les Préfets de Région Paul BERNARD ou Michel BESSE : il n’était nullement intimidé par les personnalités auxquelles il s’adressait. Ses interventions étaient toujours pertinentes et elles faisaient mouche à chaque fois : il était écouté et respecté, sa voix portait haut nos arguments d’opposition aux projets autoroutiers.
Tout le monde appréciait sa courtoisie mais il savait aussi être très ferme lorsqu’il s’agissait de défendre les positions de la SCL.
En cet instant, nous mesurons tous la chance qui est la nôtre d'avoir pu, croiser pour les uns, travailler pour les autres, avec un homme tel que Camille.
Nous retiendrons de lui le souvenir d'un homme d'une intelligence rare, doté d'une grande honnêteté intellectuelle, respectueux de ces adversaires, mais ô combien pugnace dans la défense d'une cause qu'il croyait juste.
Dans toutes les réunions de la SCL, pendant longtemps il a été accompagné par Alma, son épouse bien-aimée. Leurs regards se croisaient souvent et Alma, du coeur du public, savait par de petits signes le calmer lorsqu’il semblait s’emporter un peu trop.
Le décès d’Alma a été un coup très dur porté contre lui. Je me souviens, lors de visites inopinées chez lui, avoir trouvé un homme désespéré, quasi anéanti : je crois pouvoir dire que, dans ces moments-là, la SCL a été pour lui un grand secours, ajouté à l’affection de sa famille, afin qu’il se sente encore utile pendant plusieurs années.
Mon cher Camille, l’un de nos grands regrets est de n’avoir pas pu te rendre visite avant que tu t’en ailles. Tout était pourtant programmé par Maurice et moi mais tu ne nous a pas attendus. Nous nous consolons en gardant de toi l’image d’un homme DEBOUT.
Mon cher Camille, aujourd’hui la SCL est en deuil, tu la laisses orpheline. Ta voix si importante va beaucoup nous manquer dans la lutte contre la politique du tout-autoroutier.
Pars en paix : aujourd’hui, il semble bien que l’Etat soit de plus en plus embarrassé avec les projets autoroutiers qu’il a lancés dans les années 90.
Mon cher Camille, mon autre grand regret est que tu sois parti trop tôt : si seulement tu avais pu savourer la déliquescence des projets autoroutiers que tu as su si brillamment combattre !
Ton exemple nous laisse un devoir, celui de poursuivre sur tes pas jusqu’à l’abandon total de ces projets. Ce sera pour nous honorer ta mémoire que de poursuivre ton combat.
Toute la famille SCL te promet de tout faire pour faire le maximum : mais pourra-t-elle parvenir à ta hauteur ? Tu nous laisses une lourde tâche !
Au nom de tous ceux qui ont eu la chance de te connaître, Maurice Fisch et moi te disons un grand merci !
Noël Collomb
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